Bilan vie étudiante sous Hollande : des propos déceptifs frisant la malhonnêteté

Ce mercredi 22 février 2017, Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, s’est déplacé sur le campus de Saclay et a saisi cette occasion pour faire un bilan quinquennal de l’action de vie étudiante du gouvernement. PDE salue ce moment dédié à la vie étudiante et encourage les décideurs à développer leur implication sur le sujet, crucial à la réussite et au bien-être des étudiants.

Cependant, le bilan présenté, auquel les organisations représentatives étudiantes n’ont pas été invitées, par Thierry Mandon qui parle d’un « effort inédit » est très largement incomplet, déceptif et parfois même mensonger. Par conséquent, PDE appelle à un rattrapage immédiat sur le dossier vie étudiante par les mesures de réglementation et de coordination encore à portée des décideurs en place. De plus, PDE alerte l’ensemble de la communauté de l’enseignement supérieur sur cette communication déconnectée des réalités et qui est l’exemple à ne pas suivre pour le prochain gouvernement.

PDE a relevé un grand nombre d’incohérences et en rappelle les principales ci-dessous.

Plan national de vie étudiante. Le PNVE, signé le 1er octobre 2015 par le Président de la République, était un moment historique pour la vie étudiante. Il est pourtant soigneusement esquivé dans les supports de communication du ministère. La raison en est probablement que PDE avait tiré un bilan du PNVE en novembre 2016 chiffrant à 11% les engagements tenus par le gouvernement et que seules quelques unes des 35 mesures ont fait l’objet d’implication des étudiants et acteurs concernés (principalement le plan « bibliothèques ouvertes » et l’emploi étudiant). Pourtant, Thierry Mandon a affirmé lors de son déplacement un chiffre grotesque de 80% d’avancement des mesures du PNVE. PDE invite M. Mandon à consulter le bilan effectué en novembre par PDE (Bilan PNVE PDE) pour se reconnecter avec la réalité du terrain et à organiser en urgence un comité de pilotage avec l’ensemble des acteurs de la vie étudiante, que PDE demande depuis à présent plus d’un an. Il est surréaliste que le gouvernement souhaite avancer sur les sujets de la vie étudiante sans se saisir des acteurs qui la font sur le terrain et lui tendent la main depuis plus d’un an. PDE effectuera si nécessaire une nouvelle fois l’historique de l’ensemble des engagements et des rendez-vous manqués de 2016 sur le PNVE.

Schémas directeurs de la vie étudiante. La loi Fioraso de 2013 engage les regroupements d’établissements à établir des projets d’amélioration de la qualité de vie étudiante et de promotion sociale sur le territoire. Ces derniers s’engagent progressivement dans la démarche et PDE voyait au ministère un rôle évident d’accompagnateur et de facilitateur sur le sujet. Là encore, une simple mutualisation des démarches n’a pas eu lieu et la plupart des acteurs de la vie étudiante découvrent régulièrement le PNVE et les SDVE, témoignant ainsi de l’échec complet de ces objets politiques.

Prime d’activité. Il est louable d’avoir ouvert la prime d’activité aux étudiants salariés. Cependant, elle nécessite de toucher un minimum de 0,8 SMIC (élément rappelé par la communication du ministère), ce qui représente pour l’étudiant plus de 27h de travail par semaine. Les politiques publiques viennent donc donner une prime aux étudiants qui travaillent plus de 27h à côté de leurs études alors qu’elles devraient en faire la prévention. Cette situation rappelle également la réalité des 250 000 à 300 000 étudiants qui travaillent plus d’un mi-temps par semaine à côté de leurs études, catastrophe sociale autant qu’économique puisque l’État investit pour chaque étudiant plus de 10000€ par an et que ces étudiants ont 43% de chances de réussite de moins que les autres (INSEE 2009). Pour résoudre cette situation, PDE propose la mise en place d’un complément d’activité (Complément d’activité de PDE) pour les étudiants, une logique visant à soutenir les étudiants en prévenant un salariat subi excessif en parallèle des études.

Engagement étudiant. Cela fait plus d’un an que PDE demande la simple consultation des organisations représentatives sur la reconnaissance de l’engagement étudiant et que la réglementation n’avance pas. Cette reconnaissance a enfin été inscrite législativement au travers de la loi égalité citoyenneté et à présent le gouvernement n’a plus d’excuses pour ne pas la mettre en œuvre : PDE demande une consultation immédiate sur le sujet pour que la réglementation soit mise à jour avant la fin du quinquennat.

Logement étudiant. PDE met une nouvelle fois en doute la livraison dans les temps du quart restant des 40 000 logements promis par le gouvernement, puisque le chiffre des 30 000 n’est pas encore atteint à ce jour.

Démocratie étudiante. Malgré les propos d’un communiqué ministériel en novembre qui mettait en exergue une communication accrue sur la démocratie étudiante en vue des élections Crous, la situation s’est dégradée pour passer de 8% à 7% de participation des étudiants et reste un échec sans réponses. PDE souhaite voir le système simplifié (élections sur une journée unique, communication accrue) et le système de démocratie étudiante repensé.

PDE salue les moments et constructions autour de la vie étudiante comme le PNVE, mais déplore le manque d’aboutissement des projets annoncés. Le gouvernement n’a ni su coordonner et se saisir de la communauté des acteurs de la vie étudiante, ni remplir la majorité de ses engagements en la matière. PDE souhaite que des mesures palliatives soient mises en place le plus rapidement possible et que la communauté se mobilise autour du PNVE et des SDVE pour les appuyer auprès du prochain gouvernement.

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Quentin PANISSOD – president@pde.fr – 06 64 69 67 73

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