Tirage au sort, le cadeau d’adieu du gouvernement

Alors que Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, s’était engagé à ne pas mettre en place le tirage au sort à l’entrée de l’université, le Ministère de l’Enseignement Supérieur a publié une circulaire adressée aux rectorats ainsi qu’aux président·e·s d’université afin de les informer des nouvelles dispositions relatives à la campagne APB (Admission Post-Bac).

En effet, tandis que les lycéen·ne·s, ayant choisi leurs vœux d’orientation depuis fin mars et qui sont en train de constituer leurs dossiers de candidature depuis le 2 avril, le ministère a choisi de publier en catimini, une circulaire prévoyant la mise en place du tirage au sort pour les filières dites “en tension” telles que PACES (Première Année Communes aux Études de Santé), STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), Droit et Psychologie (pour l’année 2017).

PDE et ses monodisciplinaires s’opposent à cette démarche. Instaurer un tel procédé, face à la hausse perpétuelle des effectifs étudiants, signe l’absence d’action du gouvernement quant à leur prise en charge. Cela revient sur le principe constitutionnel d’égalité des chances et un enseignement supérieur accessible à tous.

Mais dans un second temps, ce sont les causes de cette situation qui sont à traiter et PDE appelle l’ensemble des responsables politiques à prendre leurs responsabilités pour :

  • La création d’un plan d’orientation national, simplifiant et coordonnant l’existant pour que chaque lycéen·e ou néo-entrant·e étudiant·e ait des temps et moyens dédiés à la construction de son projet ;
  • La mise en place de solutions au financement de l’enseignement supérieur sous tension, sans pour autant en reporter la charge sur les frais d’inscription des étudiant·e·s ;
  • L’augmentation des capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur.

Retrouvez nos propositions phares dans notre livre blanc adressé aux équipes des candidats à l’élection présidentielle. De cette manière, nous souhaitons que la circulaire autorisant le tirage au sort soit retirée et que le Ministère de l’Enseignement Supérieur prenne ses responsabilités dans la gestion des capacités d’accueil de ces filières.

Contacts presse
Quentin PANISSOD, Président – 06 64 69 67 73 – president@pde.fr
Pierre DURAND, Délégué à la condition étudiante – 06 13 16 06 74 – pierre.durand@pde.fr

Présidentielles : interpellez les candidats sur leurs programmes pour les étudiants et l’ESR !

Dans le cadre des élections présidentielles, PDE propose à tous d’interpeller les candidats sur leur programme pour les étudiants, les universités et les écoles.

Vous pourrez trouver dans l’ordre alphabétique ci-dessous des fiches d’interpellation contenant une synthèse des propositions des 11 candidats à l’élection présidentielle et leurs profils sur les réseaux sociaux.

Candidats à l’élection présidentielle : Les étudiants veulent être pris en compte !

A cette veille d’élection présidentielle, PDE invite l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle à découvrir nos propositions dans le “Livre Blanc de PDE” afin de permettre aux étudiants et aux jeunes de se sentir pris en compte dans cette campagne.

LIVRE Blanc PDE

Alors que le paysage de l’enseignement supérieur subit de profondes transformations (réforme de la sélection en master, doctorat, etc.) et que la France compte actuellement plus de 2,6 millions d’étudiants, les jeunes et les étudiants semblent être les grands oubliés des débats.
En effet, alors que les jeunes et les étudiants, ne recevant pas d’engagements concrets de la part des candidats à l’élection présidentielle, se tournent plus facilement vers l’abstention (30% des 18-24 ans en 2012 ), un manque de confiance est notable vis-à-vis des processus politiques.

En 2016, le baromètre DJEPVA (Direction de la Jeunesse, de l’Education Populaire et de la Vie Associative) Jeunesse avait mis au jour que la “moitié des jeunes estime que leur avis ne compte plutôt pas dans les espaces dans lesquels ils évoluent”. C’est de cette manière que PDE souhaite investir le débat des élections présidentielles et proposer une piste de réflexion pour l’ensemble des candidats : les conditions de vie et d’études des étudiants.

Il est nécessaire de dire aujourd’hui que parler de l’enseignement supérieur ne doit pas se résumer à la question des enseignants, de l’autonomie des universités ou de la hausse des frais d’inscription et de la sélection à l’entrée de l’université. Les conditions de vie et d’études de l’ensemble des étudiants est aussi une problématique à prendre en compte.
Les jeunes et les étudiants, souvent délaissés dans les débats, perdent confiance dans les responsables politiques alors que leur choix souvent assez tardif, se base principalement sur les programmes politiques et les engagements. C’est de cette manière que PDE va aller à la rencontre des onze candidats à l’élection présidentielle et présente son Livre Blanc afin de leur proposer de s’investir dans ce champ trop souvent laissé à l’abandon.

Pour que les jeunes et les étudiants ne se sentent pas délaissés à cette veille d’élection présidentielle, pour que ces derniers ne se tournent pas vers l’abstention par manque de proposition et de prise en compte, nous invitons l’ensemble des candidats à la présidentielle à prendre des engagements pour les étudiants et les jeunes qui représentent la future génération française.

LIVRE Blanc PDE

Contacts presse :

Quentin Panissod, Président
06 64 69 67 73 – president@pde.fr

Pierre Durand, Délégué à la condition étudiante
0613160674 – pierre.durand@pde.fr

Bilan vie étudiante sous Hollande : des propos déceptifs frisant la malhonnêteté

Ce mercredi 22 février 2017, Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, s’est déplacé sur le campus de Saclay et a saisi cette occasion pour faire un bilan quinquennal de l’action de vie étudiante du gouvernement. PDE salue ce moment dédié à la vie étudiante et encourage les décideurs à développer leur implication sur le sujet, crucial à la réussite et au bien-être des étudiants.

Cependant, le bilan présenté, auquel les organisations représentatives étudiantes n’ont pas été invitées, par Thierry Mandon qui parle d’un « effort inédit » est très largement incomplet, déceptif et parfois même mensonger. Par conséquent, PDE appelle à un rattrapage immédiat sur le dossier vie étudiante par les mesures de réglementation et de coordination encore à portée des décideurs en place. De plus, PDE alerte l’ensemble de la communauté de l’enseignement supérieur sur cette communication déconnectée des réalités et qui est l’exemple à ne pas suivre pour le prochain gouvernement.

PDE a relevé un grand nombre d’incohérences et en rappelle les principales ci-dessous.

Plan national de vie étudiante. Le PNVE, signé le 1er octobre 2015 par le Président de la République, était un moment historique pour la vie étudiante. Il est pourtant soigneusement esquivé dans les supports de communication du ministère. La raison en est probablement que PDE avait tiré un bilan du PNVE en novembre 2016 chiffrant à 11% les engagements tenus par le gouvernement et que seules quelques unes des 35 mesures ont fait l’objet d’implication des étudiants et acteurs concernés (principalement le plan « bibliothèques ouvertes » et l’emploi étudiant). Pourtant, Thierry Mandon a affirmé lors de son déplacement un chiffre grotesque de 80% d’avancement des mesures du PNVE. PDE invite M. Mandon à consulter le bilan effectué en novembre par PDE (Bilan PNVE PDE) pour se reconnecter avec la réalité du terrain et à organiser en urgence un comité de pilotage avec l’ensemble des acteurs de la vie étudiante, que PDE demande depuis à présent plus d’un an. Il est surréaliste que le gouvernement souhaite avancer sur les sujets de la vie étudiante sans se saisir des acteurs qui la font sur le terrain et lui tendent la main depuis plus d’un an. PDE effectuera si nécessaire une nouvelle fois l’historique de l’ensemble des engagements et des rendez-vous manqués de 2016 sur le PNVE.

Schémas directeurs de la vie étudiante. La loi Fioraso de 2013 engage les regroupements d’établissements à établir des projets d’amélioration de la qualité de vie étudiante et de promotion sociale sur le territoire. Ces derniers s’engagent progressivement dans la démarche et PDE voyait au ministère un rôle évident d’accompagnateur et de facilitateur sur le sujet. Là encore, une simple mutualisation des démarches n’a pas eu lieu et la plupart des acteurs de la vie étudiante découvrent régulièrement le PNVE et les SDVE, témoignant ainsi de l’échec complet de ces objets politiques.

Prime d’activité. Il est louable d’avoir ouvert la prime d’activité aux étudiants salariés. Cependant, elle nécessite de toucher un minimum de 0,8 SMIC (élément rappelé par la communication du ministère), ce qui représente pour l’étudiant plus de 27h de travail par semaine. Les politiques publiques viennent donc donner une prime aux étudiants qui travaillent plus de 27h à côté de leurs études alors qu’elles devraient en faire la prévention. Cette situation rappelle également la réalité des 250 000 à 300 000 étudiants qui travaillent plus d’un mi-temps par semaine à côté de leurs études, catastrophe sociale autant qu’économique puisque l’État investit pour chaque étudiant plus de 10000€ par an et que ces étudiants ont 43% de chances de réussite de moins que les autres (INSEE 2009). Pour résoudre cette situation, PDE propose la mise en place d’un complément d’activité (Complément d’activité de PDE) pour les étudiants, une logique visant à soutenir les étudiants en prévenant un salariat subi excessif en parallèle des études.

Engagement étudiant. Cela fait plus d’un an que PDE demande la simple consultation des organisations représentatives sur la reconnaissance de l’engagement étudiant et que la réglementation n’avance pas. Cette reconnaissance a enfin été inscrite législativement au travers de la loi égalité citoyenneté et à présent le gouvernement n’a plus d’excuses pour ne pas la mettre en œuvre : PDE demande une consultation immédiate sur le sujet pour que la réglementation soit mise à jour avant la fin du quinquennat.

Logement étudiant. PDE met une nouvelle fois en doute la livraison dans les temps du quart restant des 40 000 logements promis par le gouvernement, puisque le chiffre des 30 000 n’est pas encore atteint à ce jour.

Démocratie étudiante. Malgré les propos d’un communiqué ministériel en novembre qui mettait en exergue une communication accrue sur la démocratie étudiante en vue des élections Crous, la situation s’est dégradée pour passer de 8% à 7% de participation des étudiants et reste un échec sans réponses. PDE souhaite voir le système simplifié (élections sur une journée unique, communication accrue) et le système de démocratie étudiante repensé.

PDE salue les moments et constructions autour de la vie étudiante comme le PNVE, mais déplore le manque d’aboutissement des projets annoncés. Le gouvernement n’a ni su coordonner et se saisir de la communauté des acteurs de la vie étudiante, ni remplir la majorité de ses engagements en la matière. PDE souhaite que des mesures palliatives soient mises en place le plus rapidement possible et que la communauté se mobilise autour du PNVE et des SDVE pour les appuyer auprès du prochain gouvernement.

Contact Presse

Quentin PANISSOD – president@pde.fr – 06 64 69 67 73

Élections CROUS : des résultats encourageants pour le réseau de PDE, mais un système à revoir

Du 14 au 25 novembre se sont déroulées les élections qui déterminent les représentants étudiants en conseil d’administration des CROUS. Les associations du réseau de PDE et leurs monodisciplinaires y ont participé dans la plupart des académies en améliorant leurs résultats, et PDE les en félicite.

PDE ne revendique aucun élu CROUS et a ainsi demandé au CNOUS de ne pas étiqueter les élus de la sorte. D’une part, PDE laisse libre choix aux associations locales de s’investir dans cette démarche de représentation et ne fait que les accompagner. D’autre part, PDE ne souhaite pas de report des voix des élus CROUS de son réseau pour les élections nationales, mais propose un projet aux élus CROUS partageant les mêmes objectifs, que ces derniers sont libres de soutenir ou de rejeter. Il est important de rappeler aux élus et aux CROUS le rôle clef qu’ils ont à jouer en tant qu’acteurs de terrain au local. Ils ont totale légitimité, en tant que grands électeurs pour les élections étudiantes au conseil d’administration du CNOUS, à s’y investir et choisir le projet qu’ils soutiennent.

A de nombreuses reprises, PDE avait interpellé le gouvernement sur la situation inquiétante de la démocratie étudiante, sujette à une très faible participation (en baisse, à 7,5% en 2016) et à un phagocytage du dispositif par les organisations étudiantes. Un tel immobilisme sur la situation est intolérable, et la mise en place d’un dispositif de communication renforcé n’a une fois de plus pas rencontré de succès cette année.

PDE appelle les organisations étudiantes et élus étudiants à un dialogue autour d’un nouveau système de démocratie étudiante autour de deux axes : améliorer la représentativité de nos démarches en élargissant l’accès à la démocratie étudiante et renforcer les outils de représentation dans une démarche de progrès pour la vie étudiante.

Contacts

Quentin PANISSOD – president@pde.fr – 06 64 69 67 73
François GAUDRE – vice-president@pde.fr – 06 24 87 82 29

Elections CROUS : faux et usage de faux sur Lille

Hier, lors de la deuxième commission électorale consultative de préparation des élections étudiantes au Conseil d’Administration du CROUS de Lille, une candidate de la liste déposée par l’UNEF a fait état d’imitation de sa signature sur un des documents officiels de dépôt.
Voici le déroulé des faits qui a été remonté par les associations étudiantes de l’académie de Lille proposant un projet pour les élections CROUS du 24 novembre :

Lors de la dernière Commission Electorale Consultative (CEC), une candidate, dont nous avons voulu préserver l’anonymat, présente sur la liste UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) s’est déplacée pour expliquer que sa présence sur cette liste ne répond pas aux critères en vigueur.
Elle a déclaré avoir bien signé une déclaration de candidature individuelle, mais jamais la liste récapitulative avec les noms des 14 candidats. Elle dénonce un manque de communication de la part de l’organisation puisqu’elle n’avait pas connaissance de sa place sur la liste, mais également le fait que les représentants de l’UNEF ont imité sa signature pour finaliser cette candidature. Suite à cet échange, la CEC a émis des réserves sur la liste portée par l’UNEF, sans l’invalider.
Après son témoignage, la candidate a envoyé un courrier recommandé avec accusé de réception, ainsi qu’un mail, ou elle relate précisément les faits au Directeur du CROUS de Lille, M. Emmanuel PARISIS et à Monsieur le Recteur de l’Académie de Lille, M. Luc JOHANN. 

Dans un contexte déjà sous tension d’une démocratie étudiante bancale où la participation étudiante est très faible et les débordements connus et systématiques, PDE demande à Monsieur le Recteur de l’Académie de Lille, M. Luc Johann, d’invalider la liste de l’UNEF.

D’une part, la réglementation n’a pas été respectée puisque la candidate n’a pas signé la liste avec l’ensemble des candidats et qu’un représentant de l’UNEF a, fait bien plus grave, fait usage de faux. Pour PDE, il s’agit d’éléments qui nuisent à la démocratie étudiante et
les tolérer en réduit la légitimité. D’autre part, accepter des représentants qui font preuve de tels agissements au sein du CA du CROUS représente tout simplement un réel danger et dégagent une image particulièrement dévalorisante pour l’académie de Lille. PDE invite le rectorat à prendre en considération ces éléments avec attention.

Si, malgré tous les éléments qui pointent des agissements intolérables et des écarts à la réglementation, cette liste n’est pas invalidée, PDE déposera un recours au tribunal administratif afin d’aboutir cette démarche. PDE tient cependant à rappeler que le tribunal administratif, reconnaissant cette situation, ne pourra qu’enclencher un nouveau cycle électoral pour les élections étudiantes au CROUS de Lille.

Enfin, dans l’optique d’améliorer la démocratie étudiante et d’en assainir les élections, PDE joint à ce communiqué une charte de bonne conduite en élections à destination de toute liste candidate aux élections étudiantes, qui, signée, engage les signataires à respecter et promouvoir le cadre et les acteurs de la démocratie étudiante. PDE encourage tous les acteurs de la vie étudiante à s’en saisir et poursuivre leurs démarches d’engagement et de construction de projets pour la communauté universitaire et scolaire.

 Charte de bonne conduite en élections

Contacts

Quentin PANISSOD – president@pde.fr – 06 64 69 67 73
François GAUDRE – vice-president@pde.fr – 06 24 87 82 29

Crous 2016

Au cours des deux semaines à venir se dérouleront les élections des représentants étudiants au sein des conseils d’administration de chaque Crous.

Voter pour les élections étudiantes des Crous, c’est s’impliquer dans la vie étudiante de sa région, promouvoir le développement et l’amélioration des services et missions des Crous.

Concernant la date des élections dans votre académie, ainsi que les lieux des bureaux de vote, renseignez-vous sur le site internet du Crous de votre région. Pour être en mesure de voter ce jour là, vous devrez être en possession de votre carte d’étudiant.





Réforme du master : PDE propose un plan d’action en 3 étapes

Retrouvez ici le détail du plan d’action proposé par PDE

Les ministres Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon ont cette année 2016 enclenché un processus de concertation afin d’aboutir sur une réforme du cycle master. Jusqu’à présent, ce cycle est une offre de formation autonome et locale très peu réglementée. Aujourd’hui, de nombreux enjeux se posent du fait de la massification de l’enseignement supérieur : la licence générale n’apporte aucune réponse pour s’insérer dans le monde professionnel et l’offre de formation en master est peu organisée à l’échelle nationale. De fait, de nombreux étudiants validant une licence ou un M1 se retrouvent sans possibilités de poursuite d’études et avec des acquis et diplômes très peu valorisés sur le marché du travail. Promotion et Défense des Étudiants dénonce cette situation qui est aussi intolérable pour l’étudiant qui y investit des années de sa vie que pour l’État qui finance des études sans en garantir la continuité et l’aboutissement à une activité professionnelle cohérente.

PDE appréhende la situation au travers de 5 axes de travail : garantie de la continuité du parcours, plan d’urgence pour l’orientation en second cycle, compatibilité des parcours, périmètre d’application et mobilité et propose un plan d’action en trois temps.

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PDE souhaite à terme voir la continuité du parcours premier – second cycle garantie pour les filières générales et propose une application organisée entre les nouvelles ComUE et le ministère. Pour les étudiants amenés à déménager pour pouvoir poursuivre leurs études dans le second cycle, PDE propose une réponse aux besoins au travers de trois mesures : l’aide à la mobilité, l’accès à l’échelon 0bis pour les étudiants “mutés” non boursiers et l’ARPE mobilité, extension de l’ARPE en cas de mobilité pour accéder à l’emploi.

Contacts presse :

Quentin PANISSOD, président – 06 64 69 67 73 – president@pde.fr

La mobilité étudiante nationale

Lorsque l’on parle de la mobilité étudiante, on fait quasi uniquement référence à la mobilité internationale des étudiants, dans le cadre des programmes Erasmus et Erasmus Mundus. C’est oublier que les étudiants ont également une mobilité intra-nationale. Dans le projet que PDE portait pour le CNOUS en 2015, nous avions posé cette problématique.

En 2011-2012, 32 % des étudiants ont suivi un stage dans le cadre de leurs études. Parmi eux, 66 % l’ont effectué dans la région de leur ville d’études. Ce chiffre important témoigne du fait qu’un déménagement peut engendrer des frais importants, réduisant ainsi le champ des possibles dans le cadre d’une recherche de stage. Le choix de celui-ci peut être déterminant dans le parcours professionnel de chacun, il est nécessaire de pallier ce problème.

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Pour cela, nous souhaitons mettre en place une aide ponctuelle permettant de financer un déménagement afin d’encourager la mobilité en France : l’AMI, ou Aide à la Mobilité Interne. Cette aide dont le montant est compris entre 100 € et 580 € prendra en compte le nombre de kilomètres parcourus entre le lieu d’études et le lieu du stage (à partir de 200 km parcourus). Pour le calcul du montant de l’AMI, nous proposons une base de calcul de 0,40 €/km. Une base de 13 échelons a été choisie afin d’éviter un effet de seuil (40 € entre chaque échelon).

 

Cette aide sera basée sur 3 critères :

> Le stage doit durer 6 semaines minimum

En effet, en dessous de cette période, un déménagement complet n’est que rarement effectué et l’étudiant ne restera sur son lieu de stage que partiellement. Les frais de déménagement ne sont donc pas assez importants pour justifier une aide.

> 3 demandes d’AMI maximum sur toute la scolarité

En considérant un cursus master et en sachant qu’un stage n’est pas effectué nécessairement chaque année, cela laisse la possibilité à un étudiant de se déplacer 3 fois en France dans le cadre de son parcours.

> Revenu fiscal des parents de l’année N-2 inférieur à 60 000 euros

Selon les données du ministère, 5 % des étudiants au total effectuent un stage en dehors de leur région d’étude. L’objectif de PDE et ses associations étudiantes indépendantes est de doubler ce chiffre grâce à l’instauration de l’AMI. En considérant donc les 10 % des étudiants répondant aux 3 critères (soient environ 190 000 étudiants) et en pondérant le nombre de kilomètres effectués, la mise en place de l’AMI coûterait 37 millions d’euros par an au CNOUS. Cette dépense est inclue dans le financement envisagé par PDE pour le CNOUS.

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Proposition de plan d’action de PDE pour la réforme du master

Proposition de plan d’action de PDE pour la réforme du master

Les ministres Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon ont cette année 2016 enclenché un processus de concertation afin d’aboutir sur une réforme du cycle master. Jusqu’à présent, ce cycle est une offre de formation autonome et locale très peu réglementée. Aujourd’hui, de nombreux enjeux se posent du fait de la massification de l’enseignement supérieur : la licence générale n’apporte aucune réponse pour s’insérer dans le monde professionnel et l’offre de formation en master est peu organisée à l’échelle nationale. De fait, de nombreux étudiants validant une licence ou un M1 se retrouvent sans possibilités de poursuite d’études et avec des acquis et diplômes très peu valorisés sur le marché du travail. Promotion et Défense des Étudiants dénonce cette situation qui est aussi intolérable pour l’étudiant qui y investit des années de sa vie que pour l’État qui finance des études sans en garantir la continuité et l’aboutissement à une activité professionnelle cohérente.

En revanche, cette problématique est complexe tant il existe de parcours de masters variés et PDE souhaite que cette richesse soit conservée. Notons par ailleurs que la diversité des parcours n’est pas contradictoire avec la lisibilité du système et PDE se réjouit de voir le cadre national des formations progressivement se mettre en place.

PDE analyse la situation au travers de 5 axes de travail et propose un plan de coordination de l’offre master en 3 étapes :

Axes de travail

1 Garantie de continuité du parcours. L’offre du second cycle est suffisante pour accueillir tous les diplômés du premier cycle en son sein (hors cas particuliers traités plus bas). PDE déplore que les moyens investis (par l’étudiant et par l’Etat) dans la formation du premier cycle puisse parfois ne pas donner suite alors que l’offre est suffisante. PDE souhaite donc que soit mise en place une garantie de continuité du parcours pour les parcours des filières générales, hors cas particuliers des filières dont l’offre du second cycle est sous tension (et qui figurent sur la liste limitative établie par décret du 25 mai). Un étudiant n’étant ainsi pas admis dans un master suite aux démarches qu’il aura pu accomplir obtiendra alors une solution de l’administration s’il la sollicite.

2 Plan d’urgence. Les nombreux étudiants qui rencontrent des problèmes d’accès au master sont aujourd’hui conduits à reporter, annuler leurs projets ou de déposer un recours auprès des tribunaux administratifs. Cette solution n’est viable ni pour les étudiants, ni pour les établissements, ni pour le MENESR. PDE demande donc qu’un point de contact dédié au second cycle pour accompagner les étudiants soit mis en place, et que le riche ensemble des services d’orientation de l’enseignement supérieur soit coordonné en conséquence. Si aucune action n’est mise en oeuvre, PDE se chargera, faute de coordination des acteurs, de saisir l’ensemble des services d’orientation pour chaque étudiant qui la sollicitera.

3 Compatibilité des parcours. La garantie de continuité ne doit pas se faire au détriment de la cohérence du parcours et de l’orientation des étudiants. Aussi, un travail de compatibilité des parcours du premier cycle et du second cycle doit être lancé afin d’établir la liste des ponts entre les parcours de licence et ceux de master. PDE propose que ce travail soit mis sur la table dans le cadre de la réforme du master permettant la continuité entre le premier et le second cycle au sein du nouveau CSLMD. D’autre part, PDE tient à souligner qu’il n’est pas ambitieux, mais ridicule et dangereux de défendre simultanément une offre de formation à l’université uniforme sur tout le territoire pour le premier cycle et un droit d’accès au master au sein du même établissement : une telle démarche détruirait la richesse de l’offre de master, conduirait à des orientations incohérentes et n’est tout simplement pas envisageable du point de vue budgétaire.

4 Administration en charge de l’application de la garantie et territoire. Si la garantie de continuité du parcours est inscrite dans la loi pour le second cycle, elle implique qu’une administration la prenne en charge, ce qui implique un périmètre restreint au territoire associé à l’administration (département, région, site, ville, ComUE, établissement …). Les discussions font souvent revenir les nouvelles régions académiques sur la table, mais PDE note que les services déconcentrés sont aujourd’hui trop éloignés de l’enseignement supérieur pour prendre en charge cette mission. PDE propose que les regroupements d’établissements créés par la loi 2013 (ComUE et universités fusionnées) soient en charge de la mise en œuvre de cette garantie, sous réserve d’une offre de master suffisante (certains regroupements n’ont pas l’offre de master suffisante dans certains domaines). Un travail devra être mis en place entre ces regroupements et le ministère afin d’identifier les cas problématiques pour lesquels PDE propose que la gestion soit centralisée à l’échelle du ministère.

5 Mobilité. Un étudiant saisissant son regroupement d’établissement pour faire valoir la garantie de continuité de parcours pourrait par exemple être conduit à devoir déménager de La Rochelle à Orléans, occasionnant d’une part des frais exceptionnels et d’autre part une potentielle perte d’autonomie. PDE demande que soient mis en place des dispositifs palliatifs adaptés et propose trois mesures :

5A- La mise en place d’une aide à la mobilité interne automatiquement octroyée lors d’un changement de ville pour l’étudiant accédant au master et ouverte aux étudiants effectuant des stages conséquents dans d’autres villes. PDE proposait une telle aide au Cnous en 2015 du fait de l’importante mobilité au sein d’une même région au détriment de la mobilité interrégions. Proportionnelle à la distance du déménagement nécessaire, cette aide variant de 100€ à 580€ pourrait concerner 190000 étudiants et coûterait moins de 40M€ à l’Etat chaque année (voir ici pour plus de détails) ;

5B- Pour compenser une perte de soutien notamment dans le cas d’étudiants non boursiers vivant chez leurs parents amenés à déménager et financer un logement, PDE propose que ces étudiants puissent devenir boursiers de rang 0 bis auprès des Crous (coût : 12M€, basé sur les chiffres SIES/MENESR et Céreq pour la mobilité interrégions, peut concerner jusqu’à 12000 étudiants) ;

5C- La mobilité dans le cadre du master impacte également l’étape d’insertion dans la vie professionnelle. Pour rentrer dans sa ville d’origine ou déménager dans la ville du futur emploi, PDE propose la mise en place d’une aide ARPE mobilité basée sur l’aide à la mobilité interne (coût potentiel : 4M€ si réservé aux mobilités liées au master, 9M€ si élargi à l’ensemble du public de l’ARPE).

Plan de coordination de l’offre de masters

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PDE propose un plan d’action en trois étapes. Soulignant l’urgence d’une réforme et l’anticipation des vagues d’admission 2017, PDE insiste sur la nécessité d’une première action rapide de travail de texte et d’action d’orientation. A moyen terme, PDE souhaite voir émerger des travaux de fond sur le recensement et la compatibilité des parcours. Enfin, la rentrée 2017 serait le moment de mise en application de la réforme, de l’aboutissement des travaux du CSLMD et du lancement de travaux spécifiques aux filières sous tension.

Contacts presse :

Quentin PANISSOD, président – 06 64 69 67 73 – president@pde.fr