Proposition de plan d’action de PDE pour la réforme du master

Proposition de plan d’action de PDE pour la réforme du master

Les ministres Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon ont cette année 2016 enclenché un processus de concertation afin d’aboutir sur une réforme du cycle master. Jusqu’à présent, ce cycle est une offre de formation autonome et locale très peu réglementée. Aujourd’hui, de nombreux enjeux se posent du fait de la massification de l’enseignement supérieur : la licence générale n’apporte aucune réponse pour s’insérer dans le monde professionnel et l’offre de formation en master est peu organisée à l’échelle nationale. De fait, de nombreux étudiants validant une licence ou un M1 se retrouvent sans possibilités de poursuite d’études et avec des acquis et diplômes très peu valorisés sur le marché du travail. Promotion et Défense des Étudiants dénonce cette situation qui est aussi intolérable pour l’étudiant qui y investit des années de sa vie que pour l’État qui finance des études sans en garantir la continuité et l’aboutissement à une activité professionnelle cohérente.

En revanche, cette problématique est complexe tant il existe de parcours de masters variés et PDE souhaite que cette richesse soit conservée. Notons par ailleurs que la diversité des parcours n’est pas contradictoire avec la lisibilité du système et PDE se réjouit de voir le cadre national des formations progressivement se mettre en place.

PDE analyse la situation au travers de 5 axes de travail et propose un plan de coordination de l’offre master en 3 étapes :

Axes de travail

1 Garantie de continuité du parcours. L’offre du second cycle est suffisante pour accueillir tous les diplômés du premier cycle en son sein (hors cas particuliers traités plus bas). PDE déplore que les moyens investis (par l’étudiant et par l’Etat) dans la formation du premier cycle puisse parfois ne pas donner suite alors que l’offre est suffisante. PDE souhaite donc que soit mise en place une garantie de continuité du parcours pour les parcours des filières générales, hors cas particuliers des filières dont l’offre du second cycle est sous tension (et qui figurent sur la liste limitative établie par décret du 25 mai). Un étudiant n’étant ainsi pas admis dans un master suite aux démarches qu’il aura pu accomplir obtiendra alors une solution de l’administration s’il la sollicite.

2 Plan d’urgence. Les nombreux étudiants qui rencontrent des problèmes d’accès au master sont aujourd’hui conduits à reporter, annuler leurs projets ou de déposer un recours auprès des tribunaux administratifs. Cette solution n’est viable ni pour les étudiants, ni pour les établissements, ni pour le MENESR. PDE demande donc qu’un point de contact dédié au second cycle pour accompagner les étudiants soit mis en place, et que le riche ensemble des services d’orientation de l’enseignement supérieur soit coordonné en conséquence. Si aucune action n’est mise en oeuvre, PDE se chargera, faute de coordination des acteurs, de saisir l’ensemble des services d’orientation pour chaque étudiant qui la sollicitera.

3 Compatibilité des parcours. La garantie de continuité ne doit pas se faire au détriment de la cohérence du parcours et de l’orientation des étudiants. Aussi, un travail de compatibilité des parcours du premier cycle et du second cycle doit être lancé afin d’établir la liste des ponts entre les parcours de licence et ceux de master. PDE propose que ce travail soit mis sur la table dans le cadre de la réforme du master permettant la continuité entre le premier et le second cycle au sein du nouveau CSLMD. D’autre part, PDE tient à souligner qu’il n’est pas ambitieux, mais ridicule et dangereux de défendre simultanément une offre de formation à l’université uniforme sur tout le territoire pour le premier cycle et un droit d’accès au master au sein du même établissement : une telle démarche détruirait la richesse de l’offre de master, conduirait à des orientations incohérentes et n’est tout simplement pas envisageable du point de vue budgétaire.

4 Administration en charge de l’application de la garantie et territoire. Si la garantie de continuité du parcours est inscrite dans la loi pour le second cycle, elle implique qu’une administration la prenne en charge, ce qui implique un périmètre restreint au territoire associé à l’administration (département, région, site, ville, ComUE, établissement …). Les discussions font souvent revenir les nouvelles régions académiques sur la table, mais PDE note que les services déconcentrés sont aujourd’hui trop éloignés de l’enseignement supérieur pour prendre en charge cette mission. PDE propose que les regroupements d’établissements créés par la loi 2013 (ComUE et universités fusionnées) soient en charge de la mise en œuvre de cette garantie, sous réserve d’une offre de master suffisante (certains regroupements n’ont pas l’offre de master suffisante dans certains domaines). Un travail devra être mis en place entre ces regroupements et le ministère afin d’identifier les cas problématiques pour lesquels PDE propose que la gestion soit centralisée à l’échelle du ministère.

5 Mobilité. Un étudiant saisissant son regroupement d’établissement pour faire valoir la garantie de continuité de parcours pourrait par exemple être conduit à devoir déménager de La Rochelle à Orléans, occasionnant d’une part des frais exceptionnels et d’autre part une potentielle perte d’autonomie. PDE demande que soient mis en place des dispositifs palliatifs adaptés et propose trois mesures :

5A- La mise en place d’une aide à la mobilité interne automatiquement octroyée lors d’un changement de ville pour l’étudiant accédant au master et ouverte aux étudiants effectuant des stages conséquents dans d’autres villes. PDE proposait une telle aide au Cnous en 2015 du fait de l’importante mobilité au sein d’une même région au détriment de la mobilité interrégions. Proportionnelle à la distance du déménagement nécessaire, cette aide variant de 100€ à 580€ pourrait concerner 190000 étudiants et coûterait moins de 40M€ à l’Etat chaque année (voir ici pour plus de détails) ;

5B- Pour compenser une perte de soutien notamment dans le cas d’étudiants non boursiers vivant chez leurs parents amenés à déménager et financer un logement, PDE propose que ces étudiants puissent devenir boursiers de rang 0 bis auprès des Crous (coût : 12M€, basé sur les chiffres SIES/MENESR et Céreq pour la mobilité interrégions, peut concerner jusqu’à 12000 étudiants) ;

5C- La mobilité dans le cadre du master impacte également l’étape d’insertion dans la vie professionnelle. Pour rentrer dans sa ville d’origine ou déménager dans la ville du futur emploi, PDE propose la mise en place d’une aide ARPE mobilité basée sur l’aide à la mobilité interne (coût potentiel : 4M€ si réservé aux mobilités liées au master, 9M€ si élargi à l’ensemble du public de l’ARPE).

Plan de coordination de l’offre de masters

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PDE propose un plan d’action en trois étapes. Soulignant l’urgence d’une réforme et l’anticipation des vagues d’admission 2017, PDE insiste sur la nécessité d’une première action rapide de travail de texte et d’action d’orientation. A moyen terme, PDE souhaite voir émerger des travaux de fond sur le recensement et la compatibilité des parcours. Enfin, la rentrée 2017 serait le moment de mise en application de la réforme, de l’aboutissement des travaux du CSLMD et du lancement de travaux spécifiques aux filières sous tension.

Contacts presse :

Quentin PANISSOD, président – 06 64 69 67 73 – president@pde.fr