Préserver le budget ou investir pour la réussite des étudiants : pour PDE, la balle est dans le camp de l’État

En réponse à un courrier de Jean-Loup Salzmann[i], président de la CPU (Conférence des Présidents d’Université), le président de la République François Hollande s’engage[ii] à « prescrire le moment venu » les ajustements budgétaires nécessaires pour faire face à l’accroissement des effectifs étudiants. Si l’aide à la recherche du premier emploi (sujet du courrier) est un dispositif satisfaisant, la situation actuelle du monde universitaire est inquiétante et PDE appelle l’État à prendre un certain nombre d’engagements.

« L’objectif de François Hollande de diplômer 60% d’une classe d’âge ne doit pas se réduire à une simple prévision démographique. »

Réussite. Les effectifs étudiants sont en hausse d’année en année mais aucun ajustement n’a pour l’instant été annoncé par le gouvernement. Si l’objectif de François Hollande de diplômer 60% d’une classe d’âge est louable, il ne doit ni se réduire à une simple prévision démographique, ni se faire au détriment de la réussite des étudiants bénéficiant d’un encadrement en baisse. L’État doit non seulement garantir une place dans l’enseignement supérieur à chaque étudiant, mais aussi oeuvrer en faveur de sa réussite : la hausse des effectifs qui menace cette réussite doit être prise en charge.

« L’investissement dans l’enseignement supérieur finance aujourd’hui massivement l’échec au détriment des étudiants et de l’État »

Licence. L’échec en licence générale est très préoccupant. Malgré le lancement d’un plan réussite en licence en 2007, la réussite en 3 ans de la licence reste en-dessous des 30% et seuls 42% des néo-bacheliers en L1 passent en L2[iii]. Cette situation a un impact financier non négligeable : les 28% de néo-bacheliers qui sortent du circuit après une première année de licence représentent 350 millions d’euros investis par l’État[iv]. Or, ces 350 millions d’euros correspondent approximativement au coût de 3 ans de licence pour 15 000 étudiants (ce qui constituerait une augmentation de 10% de la réussite de Licence en 3 ans). PDE s’interroge sur les objectifs de réussite fixés par l’État, notamment pour la licence (30% d’obtention de la licence en 3 ans pour 2017[v]). L’investissement dans l’enseignement supérieur est une nécessité pour l’avenir du pays, mais il finance aujourd’hui massivement l’échec au détriment des étudiants et de l’État.

« L’État doit s’engager à sortir le monde universitaire de son asphyxie actuelle »

Engagements. L’État doit par conséquent s’engager, dès cette année, à sortir le monde universitaire de son asphyxie actuelle. D’une part, PDE demande à ce que des objectifs ambitieux soient fixés sur les indicateurs de réussite et d’insertion des étudiants et d’autre part, que des investissements clés soient réalisés. Pour améliorer l’orientation, PDE suggère d’améliorer la formation des enseignants du second degré et de mettre en place des dispositifs comme les tests d’orientation non sélectifs ou la généralisation du semestre rebond en première année. Pour améliorer la réussite, PDE propose d’investir massivement dans le contrôle continu (adapté aux filières) et l’encadrement des étudiants en groupes moins larges.

 

Contacts presse
Quentin PANISSOD, président – 06 64 69 67 73 – president@pde.fr
Valentin Quesneau, délégué à la représentation – 06 36 57 91 11 – representation@pde.fr

[i] http://www.cpu.fr/wp-content/uploads/2016/04/160411-courrier-PR-premier-emploi.pdf
[ii] http://www.cpu.fr/wp-content/uploads/2016/04/Courrier-r%C3%A9ponse.pdf
[iii] Chiffres de 2012. Source : MESR-DGESIP-DGRI-SIES / Système d’information SISE
[iv] Basé sur la promotion de néo-bacheliers de 2010 dont 28% sont sortis de licence après la première année. Les calculs prennent comme référence un coût de l’étudiant à l’université de 8000€ par an selon l’Observatoire des universités et des écoles du cabinet KPMG de 2012
[v] Cible fixée par le PLF2016 pour 2017 pour la MIRES

Cour-Hotel-Matignon1

PDE est satisfaite des dispositifs adressés aux étudiants précaires et se réjouit de la concertation annoncée par Mme Valaud-Belkacem

Communiqué de Promotion et Défense des Étudiants (PDE), seule organisation représentative étudiante asyndicale.

PDE était aujourd’hui reçue avec les autres organisations de jeunesse par Manuel Valls, Najat Vallaud-Belkacem, Patrick Kanner et Myriam El Khomri pour discuter de l’avancée du dialogue réorienté vers la jeunesse la semaine passée.

 

Avancées sur le dialogue social

Cette consultation des organisations, d’abord construite avec les organisations mobilisées contre la loi travail s’est recentrée sur la jeunesse. PDE regrette que le processus de consultation n’ait ciblé que les organisations mobilisées et non les organisations représentatives en premier lieu, mais salue l’engagement des ministres à ne plus reproduire cette erreur. De plus, PDE soutient la création d’un conseil d’orientation des politiques de jeunesse pour appuyer cette démarche de dialogue.

 

Des mesures importantes

PDE est satisfaite des mesures qui ciblent intelligemment certaines situations d’étudiants en difficulté : notamment l’aide à la recherche du premier emploi pour les boursiers diplômés, la rémunération des apprentis de 16 à 20 ans, la création de places en STS et le droit à la garantie locative.

 

Étudiants salariés et prime d’activité : une réponse est nécessaire

PDE salue l’ouverture aux jeunes du dispositif de prime d’activité (prévu par le Plan National de la Vie Étudiante). Cependant, il est incohérent avec l’investissement dans les études. En effet, l’étudiant doit obtenir un salaire de 890€/mois minimum pour bénéficier de la prime d’activité, ce qui constitue plus de 25h de travail par semaine. Une telle charge de travail nuit gravement à la réussite des études et à la santé de l’étudiant salarié. PDE a donc interpellé les ministres sur la nécessité d’adapter le système de prime d’activité versée aux étudiants, par exemple en mettant en place un dispositif de complément d’activité étudiante.

 

La nécessité d’un engagement sur la réussite et l’insertion professionnelle des étudiants entendue

L’objectif, en tant qu’étudiants, étant la réussite de nos études et l’obtention d’un emploi (ou la création de notre propre emploi), PDE souhaite que des engagements nationaux chiffrés sur la croissance de la réussite et l’insertion professionnelle des étudiants soient établis.

Alors que son cabinet confirmait vendredi qu’un tel engagement était possible, Mme Vallaud-Belkacem a confirmé qu’une concertation aurait lieu et que les organisations étudiantes et de jeunesse en feraient partie.

La problématique est d’autant plus importante que le nombre d’étudiants augmente chaque année, pour quasiment atteindre les 3 millions en 2024. De fait, s’engager sur des chiffres de croissance de réussite et d’insertion professionnelle :

  • Correspond directement aux attentes des étudiants envers l’enseignement supérieur ;
  • Prend tout son sens dans le cadre de l’objectif de François Hollande des 60% de diplômés de l’enseignement supérieur parmi une classe d’âge ;
  • Enverrait un signal fort à l’international de par une union des acteurs de l’enseignement supérieur derrière un engagement d’amélioration de la réussite à deux ans de la conférence de Paris sur le processus de Bologne (espace européen d’enseignement supérieur) ;
  • Est une déclinaison logique d’une politique publique basée sur des opérateurs autonomes : l’effort doit être assumé par les établissements, mais aussi par le gouvernement.

 

PDE sera vigilante à ce que les engagements pris dans le cadre précédemment cité soient à la hauteur du besoin des étudiants.

Contacts presse
Quentin PANISSOD, Président – 06 64 69 67 73 – president@pde.fr
François GAUDRÉ Vice-président – 06 24 87 82 29 – vice-president@pde.fr

« Un engagement national sur la croissance de la réussite des étudiants est possible » suite aux propositions de PDE

PDE (Promotion et Défense des Étudiants, organisation représentative étudiante asyndicale) a été reçue aujourd’hui par le directeur de cabinet de la ministre Najat Vallaud-Belkacem, Bertrand Lejeune, et Jean-Baptiste Prevost, conseiller affaires sociales et vie étudiante de la ministre, afin d’avancer les discussions en cours sur l’insertion et la réussite des jeunes.

Réussite et insertion professionnelle des étudiants

PDE propose aux ministres Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon de réunir l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur pour définir des engagements de croissance sur la réussite et l’insertion professionnelle des étudiants. En effet, le nombre d’étudiants étant en forte croissance (2,6 millions aujourd’hui, près de 3 millions prévus pour 2024) et les moyens n’évoluant pas en proportions égales, PDE s’inquiète de l’impact de cette hausse du nombre d’étudiants sur le niveau du diplôme obtenu et la qualité de l’enseignement.

PDE propose cette concertation afin qu’un effort collectif soit effectué, par des actions spécifiques (par exemple sur le fort taux d’échec en licence) et en fixant des objectifs à l’échelle des établissements. Une union nationale derrière ces engagements enverrait par ailleurs un signal fort à l’international sur l’investissement de la France dans l’enseignement supérieur, à deux ans de la conférence de Paris sur le processus de Bologne (espace européen d’enseignement supérieur).

Selon le cabinet de la ministre, « un engagement est possible » une fois les dispositifs techniques d’une telle mesure établis (suivi des indicateurs, contractualisation avec les établissements, plans d’action spécifiques…).

PDE a également proposé des mesures sur l’orientation des futurs bacheliers et étudiants, comme notamment un pilotage commun entre les régions, regroupements d’établissements et académies.

Entrepreuneuriat

A l’heure où la question de l’emploi est en plein débat, PDE préconise le développement de la culture entrepreneuriale au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche. Aujourd’hui, le diplômé est davantage perçu comme un futur salarié qu’un potentiel créateur d’activité et d’emploi.

Aussi, PDE propose de créer ou rattacher des incubateurs dans chaque regroupement d’établissements et d’inscrire le développement de la culture entrepreneuriale comme une de leurs missions dans le code de l’Éducation (pour élargir le plan PEPITE).

Aides sociales

Selon une étude de l’INSEE, 1 étudiant sur 2 exerce une activité salariée. Toujours selon l’INSEE, une activité supérieure à 15h hebdomadaires nuit drastiquement aux chances de réussite de l’étudiant (1 sur 4 concerné).

PDE souhaite que l’attention du gouvernement soit portée sur ces étudiants qui travaillent pour financer leurs études et en particulier à deux niveaux :
– La prime d’activité accordée aux étudiants est source d’inégalités et incohérente avec la poursuite d’études (il faut percevoir un salaire de plus de 890€/mois pour la toucher et donc travailler plus de 20h par semaine). PDE souhaite que l’enveloppe allouée à la prime d’activité soit fléchée différemment, par exemple en complément d’activité ;
– Le développement de l’emploi étudiant au sein des établissements, par l’exonération des charges payées par l’établissement.

PDE sera reçu par les ministres à Matignon lundi pour porter ces propositions.

Contacts presse
Quentin PANISSOD, Président – 06 64 69 67 73 – president@pde.fr
François GAUDRÉ Vice-président – 06 24 87 82 29 – vice-president@pde.fr

PDE s’exprime sur la loi Travail : grande consultation et 3 propositions

La loi Travail fait l’objet de nombreux mouvements, débats, récupérations politiques et plans de communication ces dernières semaines. De fait, même si la loi Travail ne concerne pas spécifiquement les étudiants, même si les organisations étudiantes ne sont pas des acteurs représentatifs pour se positionner sur, par exemple, les accords syndicats-entreprises, le réseau de PDE a souhaité porter une réaction sur cette situation.

PDE lance aujourd’hui une grande consultation citoyenne ouverte à tous (http://www.pde.fr/laloimetravaille, #LaLoiMeTravaille sur les réseaux sociaux). PDE, jusqu’ici silencieuse sur le sujet, propose à tout citoyen français de donner son avis sur les descriptions neutres et objectives des dispositifs proposés par la loi. S’agissant d’un sujet dépassant le cadre étudiant, PDE en publiera les résultats mais ne s’en fera pas porteur auprès du gouvernement.

En revanche, la problématique plus générale du travail étant mise à l’ordre du jour par l’actualité, PDE propose 3 ouvertures au travers de l’enseignement supérieur et de la recherche :

  • des engagements de l’État en termes d’insertion professionnelle et de réussite des étudiants d’ici 2018 (conférence de Paris sur le processus de Bologne), sans quoi l’État devra revenir sur l’objectif des 60% de diplômés d’une classe d’âge de François Hollande ;
  • inscrire le développement de l’entrepreneuriat comme mission de l’enseignement supérieur et la recherche : il faut cesser d’aborder l’employabilité du diplômé mais capter sa capacité à créer de l’activité et donc de l’emploi. Un premier pas serait, par exemple, de créer un incubateur d’entreprises par regroupement d’établissements ;
  • des étudiants entrepreneurs, engagés, actifs doivent avoir les moyens d’étudier et de mener leurs projets : PDE demande donc que, faute de groupes de suivi, un bilan du Plan National de la Vie Étudiante (PNVE) soit effectué et de nouveaux objectifs fixés.

 

Téléchargez notre communiqué de presse :

 PDE - CP Loi Travail

Sélection en master – PDE demande que le décret qui doit être rédigé suive l’avis du Comité de suivi master

Le Conseil d’État s’est prononcé le mercredi 10 février sur la problématique de la sélection au cours du cycle master, en indiquant qu’aucune sélection ne peut être mise en place, tant en master 1 qu’en master 2.

Cette décision se fonde sur la stricte interprétation de l’art. L. 612-6 du code de l’éducation à partir duquel le Conseil d’État rappelle que « l’accès au cycle master ne peut être subordonné au succès à un concours ou à l’examen du dossier du candidat que dans le cadre d’une liste limitative des formations, établie par décret après consultation du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) ».

Continue reading

PDE salue le plan BU mais de nombreuses lacunes sont à corriger

Le 1er Février, un dossier de presse sur le plan “bibliothèques ouvertes” à été présenté par Najat Vallaud Belkacem et Thierry Mandon. Promotion et Défense des Étudiants salue cette initiative indispensable à la réussite des étudiants. Toutefois des interrogations demeurent concernant certaines mesures. Retrouvez la position de PDE sur ce sujet ainsi que nos propositions dans le communiqué ci-dessous.

 CDP Plan BU

Lettre ouverte à monsieur le Premier Ministre Manuel Valls

Alors que début novembre, le gouvernement annonçait qu’il n’y aurait pas de remise en cause des APL pour les étudiants, un projet de décret de M. le Premier ministre Manuel Valls envisage de modifier les modalités de calcul des APL des jeunes de moins de 25 ans. Ces modifications risquent de se traduire par une baisse des APL pour une grande partie des étudiants salariés.

Promotion et Défense des Étudiants s’exprime dans une lettre ouverte au Premier ministre contre ce projet de décret qui va à l’encontre des engagements du gouvernement sur la sanctuarisation des APL pour les étudiants.

 Lettre ouverte au Premier Ministre

PDE salue la réforme APB mais demande des efforts supplémentaires

La semaine dernière, madame la ministre Najat Vallaud-Belkacem a annoncé conjointement avec Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche, des évolutions de la plateforme Admission Post-Bac concernant principalement les filières dites « sous tension » et l’orientation des futurs bacheliers. Ces annonces ont été discutées hier lors d’une réunion des usagers d’APB et de la DGESIP à laquelle PDE a participé.

Promotion et Défense des Étudiants revient sur certaines des mesures annoncées pour exprimer que si ces évolutions vont dans le bon sens pour l’amélioration de l’orientation des futurs étudiants, elles ne doivent être considérées comme des solutions absolues, et nous ne devons pas faire abstraction des problèmes qui risquent d’apparaître à partir de ces mesures.

 Communiqué de presse

Débordements et agressions en élections étudiantes – PDE demande une réponse appropriée

Chaque année en période d’élections étudiantes, des séries de débordements et d’agressions sont constatées. PDE et ses monodisciplinaires condamnent ces agissements et demandent au ministère et aux établissements de prendre les mesures et sanctions adaptées.
Tout notre soutien va aux élus et responsables associatifs qui continuent à défendre leurs projets et valeurs dans le respect d’autrui malgré ces comportements nuisibles.

Le BNEI, la FENEPSY, l’UNEAP, l’UNEDESEP et l’UNEG réaffirment leur engagement au sein de la structure et les valeurs de PDE

Durant le premier semestre de 2015, des mesures difficiles ont été prises et discutées pour faire face à un contexte budgétaire complexe, deux élections nationales ont eu lieu (CNOUS et CNESER), et une concertation pour le Plan National de Vie Étudiante a été menée. Aujourd’hui, les établissements font face à un réel problème de capacités d’accueil des étudiants en leur sein ; le débat autour du flou juridique sur la sélection en master entraîne des réflexions sur l’orientation et l’insertion professionnelle des étudiants ; la mise en oeuvre de la StraNES suscite déjà des interrogations.

Continue reading