Le statut des enseignants chercheurs

Préambule

Le décret sur le statut des enseignants chercheurs (EC), réformant ainsi le décret dé 1984 et précisant la loi LRU sur son volet gestion des ressources humaines (2nde nouvelle compétence des universités), vient de paraître au journal officiel du 25 avril 2009. Une circulaire relative à la fois au décret sur le statut des EC, le décret fixant les évolutions du CNU (Conseil National des Universités) et les conditions de classement dans le corps des EC a été transmise aux présidents d'université le jeudi 30 avril 2009 et vient préciser certains points du décret. Ce décret rentrera en vigueur dès la prochaine rentrée universitaire. Il compte 44 articles, dont l'essentiel est retranscrit ci-dessous.

C'est précisément la modification du décret 84, nécessaire pour mettre en application la gestion des ressources humaines par les universités, qui a enclenché les mouvements de contestations en janvier 2009.

Le service de références

Les enseignants chercheurs sont des fonctionnaires titulaires. Leur service de référence est donc fixé à 1607 heures par an. Ce service est divisé en deux parties égales, soit 800h consacrées à la recherche et 800h consacrées à l'enseignement. Bien entendu, cette durée englobe la préparation des cours, des examens, la correction des copies, etc. C'est ainsi que la présence devant les étudiants est d'environ 200h par an.

Un référentiel national qui s'imposera aux établissements fixera, « selon des modalités juridiques qui restent à préciser, les équivalences entre les différents types d'activités ». Le service de référence est fixé à 1 607 heures de travail, dont 128 heures de cours magistral ou 192 heures de travaux dirigés ou pratiques.

L'ensemble de la communauté universitaire était favorable à l'équivalence TD - TP.

La modulation

La modulation de service est prévue dans l'article 19 de la loi LRU de cette manière: «Le conseil d'administration définit, dans le respect des dispositions statutaires applicables et des missions de formation initiale et continue de l'établissement, les principes généraux de répartition des obligations de service des personnels enseignants et de recherche entre les activités d'enseignement, de recherche et les autres missions qui peuvent être confiées à ces personnels.»

La modulation doit permettre à un enseignant-chercheur de moduler son temps de recherche et son temps d'enseignement en fonction de son projet professionnel et de ses choix personnels. Elle ne peut pas avoir lieu sans l'accord de l'enseignant-chercheur.

L'évaluation

L'évaluation des enseignants-chercheurs s'effectuait auparavant uniquement lorsqu'un doctorant souhaitait intégrer le corps des maîtres de conférences, et lorsqu'un maitre de conférences désirait devenir professeur des universités. Par ailleurs, il était évalué uniquement sur ses activités de recherche.

Désormais, chaque EC établit au moins tous les 4 ans et à chaque passage de grade un rapport complet d'activités. Ce rapport est remis au président ou directeur de l'établissement qui en assure la transmission au CNU. L'avis émis par le conseil d'administration en formation restreinte sur les activités pédagogiques et les missions de l'EC est joint au rapport d'activités et est mis à disposition de l'intéressé. Ce rapport sert de base à l'évaluation de l'EC par la section dont il relève au sein des instances. L'évaluation prend ainsi en compte l'ensemble des activités de l'EC et les établissements se réfèrent à l'évaluation du CNU pour l'attribution des primes et des promotions.

L'avancement

L'avancement d'un EC, son passage de classe en classe (2e classe, 1ère classe, classe exceptionnelle) et du grade de maitre de conférences à celui du professeur des universités était décidé par le CNU, et s'appuyait uniquement sur les travaux de recherche de l'EC. Désormais, les promotions seront pour moitié décidées au niveau national (par le CNU) et pour moitié au niveau local (par le Conseil d'administration de l'université). Cet avancement aura lieu sur «la base de critères rendus publics et de l'évaluation de l'ensemble des activités des enseignants-chercheurs».

Le Conseil National des Universités (CNU)

Le CNU est une instance consultative et décisionnaire qui s'occupe des recrutements et de la carrière des enseignants-chercheurs. Il est composé d'enseignants-chercheurs pour une part élus par leurs pairs (majoritaires afin de renforcer l'indépendance du CNU) et une autre part nommés par le ministère.

Le CNU est divisé en sections (c'est-à-dire en disciplines scientifiques), composé de maîtres de conférences et de professeurs des universités, dont les 2/3 sont élus et le dernier tiers sont nommés par le ministère. La section est l'instance de consultation habituelle, qui a pour missions:

  • de déclarer les candidats aptes à la fonction de maître de conférences ou de professeur des universités
  • d'attribuer les primes d'avancement et de mérite;

Les travaux des sections se font généralement sur document, et chaque section a sa propre manière de traiter les dossiers, ce qui crée de grandes disparités en termes d'attribution de primes.

Autres points

L'article 1 réaffirme l'égalité homme / femme et l'objectif de concourir à une représentation équilibrée au sein des universités.

L'article 2 réaffirme les principes d'indépendance des EC. Ils concourent à l'accomplissement du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche par leur...

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