PDE salue l’augmentation du budget de l’ESR mais dénonce un manque d’investissement

Le 7 Juillet 2016, Christian Eckert, secrétaire d’État au Budget, a annoncé lors du débat d’orientation budgétaire sur les finances publiques, une augmentation de 850 millions d’euros pour le budget 2017 de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. PDE salue cette augmentation significative du budget mais tient à préciser qu’elle se constitue en partie de mesures déjà actées ou des subventions que le ministère s’est décidé à financer.

Premièrement, la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, qui va s’effectuer en deux temps, va coûter environ 130 millions d’euros supplémentaires aux établissements dans leur dépenses allouées au personnel. Deuxièmement, le PPCR[1]  demandera lui aussi un allongement d’enveloppe d’environ 130 millions d’euros. Troisièmement, le GVT[2]  et le CAS[3] pension sont des sommes difficilement évaluables  car changeantes d’une année sur l’autre.

Néanmoins, la Conférence des Présidents d’Universités (CPU) a chiffré le GVT à 40 millions d’euros et l’effort supplémentaire à faire sur le CAS pension et d’autres aides à environ 350 millions d’euros. Quatrièmement, le coût de la création des 25 000 bourses reviendrait à augmenter par an de 25 millions d’euros  l’enveloppe dédiée aux bourses sur critères sociaux. Cinquièmement, l’annonce de la création de 1 000 emplois dans l’enseignement supérieur, faite par Thierry Mandon lors du débat sur le projet de loi de finances, a été chiffrée à environ 60 millions d’euros par an. Dernièrement, les différentes annonces du Gouvernement (gel du prix du ticket RU, des frais d’inscription et de la cotisation au régime de sécurité sociale étudiante) ont un coût global pour cette année d’environ 10 millions d’euros.

Lorsque toutes ces dépenses, issues d’annonces gouvernementales, sont additionnées, la part restante pour l’accueil des étudiants est d’environ 100 millions d’euros. Or, en prenant en compte qu’une dotation de 8 000 euros par an[4] est nécessaire pour accueillir un étudiant dans l’enseignement supérieur, cette somme ne couvrirait que l’accueil de 12 500 étudiants, alors que 35 000 étudiants supplémentaires sont entrés à l’université en 2015[5] et que les budgets des années précédentes ont stagné.

Le gouvernement, par cet effet d’annonce, veut faire croire à un geste fort. Il n’en est rien. La communication ainsi faite est une simple réponse aux différentes annonces gouvernementales et ne pourra pas compenser le choc démographique que connaissent actuellement nos établissements.

PDE constate un réel manque d’investissement dans l’enseignement supérieur. Pourtant, les enjeux en termes de capacités d’accueil, de patrimoine immobilier et d’évolution des pratiques pédagogiques deviennent critiques et les débats rappellent quotidiennement qu’investir dans l’enseignement supérieur figure parmi les meilleurs choix pour l’avenir. Le gouvernement aurait-il oublié les objectifs stratégiques qu’il s’est lui-même fixés[6] ?

 

Contacts presse :

 

Quentin PANISSOD, président – 06 64 69 67 73 – president@pde.fr

François GAUDRE, vice-président – 06 24 87 82 29 – vice-president@pde.fr

Valentin QUESNEAU, délégué à la représentation – 06 36 57 91 11 – representation@pde.fr

 

[1] Parcours professionnels, carrières et rémunérations

[2] Glissement Vieillesse Technicité

[3] Compte d’allocation spécial

[4] Moyenne provenant de l’observatoire des universités et des écoles, KPMG

[5] Note flash MENESR-SIES N°6 – mai 2016

[6] Rapport de la stratégie pour l’enseignement supérieur qui fixe une série d’objectifs, dont un budget pour l’enseignement supérieur de 2% du PIB, soit 0,5% de plus qu’aujourd’hui

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